"> Photographier la Voie lactée dans les Pyrénées-Orientales : où, quand, comment - Fievrelama

Photographier la Voie lactée dans les Pyrénées-Orientales : où, quand, comment

D’avril à septembre, une nuit sans lune, loin de la plaine : où et quand voir la Voie lactée dans les Pyrénées-Orientales, et comment la photographier.

Mickael · Fievrelama 5 min de lecture

Pour voir la Voie lactée dans les Pyrénées-Orientales, il faut une nuit sans lune, un lieu éloigné de la plaine du Roussillon et un peu de patience. La saison va d’avril à septembre, avec les plus belles nuits en juin, juillet et août, quand le cœur de la galaxie se lève au sud au-dessus des montagnes. En plein été, comptez près de deux heures après le coucher du soleil pour que le ciel soit vraiment noir.

L’astrophotographie, c’est ce que je préfère dans ce métier. Pas parce que c’est spectaculaire, même si ça l’est, mais parce que c’est la seule photo où l’on ne peut pas tricher avec l’attente. La nuit décide. Voici ce que j’ai appris à force de monter voir le ciel au-dessus du Canigou.

Pourquoi la plaine ne suffit pas

Depuis Perpignan, on voit la Lune, quelques planètes et les étoiles les plus brillantes. La Voie lactée, non. La ville et l’agglomération produisent un halo orangé qui mange tout le bas du ciel, et le Roussillon est une plaine ouverte : ce halo se voit de loin. Même depuis Néfiach, on devine la lueur vers l’est.

La règle est simple : il faut mettre du relief entre vous et les lumières. Une montagne, un col, un vallon qui cache la plaine. Dès que la lueur de Perpignan disparaît derrière une crête, le ciel change complètement.

Où aller

Le massif du Canigou. C’est mon terrain de jeu. Plus on monte, plus la plaine s’efface. Attention, les pistes qui grimpent vers les refuges sont souvent réservées aux 4×4 et la route n’est pas un endroit pour improviser de nuit : on repère de jour, toujours.

La Cerdagne et le Capcir. Des plateaux en altitude, loin du littoral, avec de grands horizons dégagés. Le trajet est plus long depuis Perpignan, mais le ciel y est souvent le plus pur du département.

Les Fenouillèdes. Au nord de la vallée de la Têt, peu habitées, avec des cols qui tournent le dos à la plaine. Une bonne option quand on ne veut pas faire trois heures de route.

Ce que je déconseille : le bord de mer. L’horizon est libre, c’est vrai, mais la côte est éclairée sur des kilomètres, et l’humidité voile le ciel dès que le vent vient de la mer.

Quand y aller

Trois choses comptent, dans cet ordre.

La Lune. Une pleine lune éclaire le ciel comme un lampadaire. Visez les nuits autour de la nouvelle lune, ou les heures où elle est déjà couchée. N’importe quelle application d’éphémérides donne ces horaires.

La saison. Le centre de la Voie lactée, la partie la plus lumineuse, est visible d’avril à septembre. Au printemps, il se lève tard dans la nuit. En été, il est déjà là en début de nuit, bien haut au sud.

Le vent. Ici, c’est un vrai critère. La tramontane, qui descend du nord-ouest, apporte un air sec et un ciel très net. Le vent marin, qui vient de la mer, amène de l’humidité et souvent des nuages bas. Une nuit de tramontane modérée est souvent la meilleure de la semaine, à condition de trouver un endroit abrité pour le trépied.

Comment la photographier

Si vous voulez essayer vous-même, voici la base. Un trépied stable, d’abord : la pose dure plusieurs secondes, rien ne doit bouger. Un objectif grand-angle très lumineux, ouvert à f/2.8 ou plus. Des sensibilités élevées, autour de 3200 à 6400 ISO selon l’appareil. Une pose d’environ quinze à vingt secondes au grand-angle : au-delà, la rotation de la Terre étire les étoiles en petits traits.

La mise au point est le piège classique. L’autofocus ne trouve rien dans le noir. Passez en manuel, zoomez sur l’écran sur une étoile brillante et tournez la bague jusqu’à ce qu’elle devienne un point. Photographiez en RAW, vous en aurez besoin pour le traitement.

Et prenez une lampe frontale à lumière rouge. Elle préserve votre vision de nuit, et celle des autres s’il y a du monde.

Une séance de couple sous les étoiles

C’est la séance que je propose le plus volontiers, et celle dont on se souvient le plus. On ne la fait pas le jour du mariage : il faut attendre la nuit noire, ce qui tombe en pleine soirée dansante. On la prévoit à part, avant ou après.

Sur place, comptez une heure. Vous restez immobiles une quinzaine de secondes par image, éclairés par une lumière très douce que je règle au minimum. Prévoyez des vêtements chauds, même en août : en altitude, la nuit est fraîche, et on grelotte vite quand on ne bouge pas.

En pratique

Repérez de jour. Vérifiez la Lune et la météo. Prévenez quelqu’un de l’endroit où vous allez, surtout en montagne. Et si vous voulez une photo de vous deux sous la Voie lactée sans gérer le matériel, écrivez-moi avec la période qui vous intéresse : je vous dis quelles nuits tiennent la route.

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Dites-moi la date, le lieu et ce que vous avez envie de garder. Je réponds sous 24 heures, personnellement.

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